Fort Phil Kearny State Historic Site

Fort Phil Kearny est situé entre Sheridan et Buffalo, aujourd’hui il n’en reste presque rien, juste l’emplacement des murs, c’était un très grand fort sur un plateau, très bien placé, il avait une bonne vue sur son environnement. Par contre pour bénéficier de cet espace il est loin des massifs forestiers nécessaires à son fonctionnement, et cela les indiens l’avaient bien compris! Il fallait faire du bois régulièrement.

Le pied des Bighorn Mountains était un lieu d’affrontements car valorisé par les indiens comme leur dernier « hunting ground ». Ils se rassemblaient pour chasser et festoyer en ces lieux et passaient des alliances (Sioux-cheyenne-arapaho). Mais en 1865 de l’or est trouvé vers Bozeman au Montana. Comme d’habitude les mineurs et aventuriers de tout genre affluent vers les lieux pour fonder leurs claims. A la sortie de la guerre de sécession Amérique est affaiblie donc l’armée essaie de traiter avec les indiens pour obtenir un droit de passage sur leurs terres. Les traités sont passés mais des forts sont construits sur les territoires qui appartiennent au Sioux sans leur accord alors la guerre devient inévitable. A cette époque il faut signaler que les sioux sont au faite de leur puissance, certes ils ne sont pas bien armés (un fusil pour 100 guerriers) mais ils ont des leaders redoutables, Red Cloud pour la stratégie et Crazy Horse pour les opérations armées. C’est le début de la « red cloud war ». Les indiens maitrisent parfaitement le territoire, ils parviennent a isoler les soldats et à les entrainer dans une stratégie de guérilla. Les soldats sont de plus commandés par un commandant bon organisateur mais mauvais militaire (Colonel Carrington) secondé par des sous-officiers bornés et avides de gloire, tout imbus de leur réussite acquise face à un sud agonisant. W.Fetterman, se vantait de nettoyer le pays des sioux avec « 80 soldats ». C’est justement le cas de figure qui se présente le 21 décembre 1866 ou après une corvée de bois, des bucherons sont attaqués par les indiens qui par rusent forcent les Américains à les suivre et qui par embuscade finissent par les entourer et les écraser. C’est le massacre de la colonne Fetterman (Massacre Hill). Les américains perdent ce jour là 81 hommes. La colonne de secours qui viendra sur les lieux plus tard découvrira un spectacle ahurissant de violence, les corps des soldats sont démembrés, découpés en morceaux, leurs crânes pulvérisés, leurs entrailles déversées un peu partout, leur cervelle et leurs yeux réduits en bouillie. Cela illustre le ressentiment des indiens a l’égard des américains, depuis l’oregon trail de 1846 les trahisons et les promesses non tenues les avaient rendues particulièrement hostiles. Cela illustre également leur manque de « killer instinct » , en effet après avoir écrasé Fetterman et ses hommes les indiens auraient pu facilement s’emparer de Fort Phil Kearny , mais au lieu de ça ils sont allés prendre leur quartier d’hiver, content de leur victoire.
Suite à cette bataille John Portuguee Philips est envoyé a Laramie chercher du secours, c’est un trajet de 236 miles effectué sous des températures inférieures à -15°C. Le scout arrive à Laramie à la veillée de noël après un périple ahurissant a travers les plaines enneigées. On n’est pas très sur de ce qui est vrai de cette aventure mais une stèle en marque l’emplacement pas loin de Fort Phil Kearny.

On visite aussi la colline de Fetterman avec sur les lieux la plaque commémorative du combat visible sur « massacre hill » Wyoming. Il fait plus chaud qu’a l’époque de la bataille car nous avons 117°F = 47° !!!

Quelques mois plus tard à nouveau lors d’une corvée de bois les américains subissent une attaque, ils sont sous les ordres du capitaine Powell un militaire entrainé qui forme les wagon en corral en enlevant les bâches et qui organise la défense de cet espace : c’est la bataille de « wagon box ». La encore les indiens sont en supériorité numérique écrasante (800 contre 32) et ils se lancent a l’assaut du corral en toute confiance. Quelle n’est pas leur surprise, lorsque après la première salve ils s’élancent et s’attendent a pouvoir attaquer pendant que les soldats rechargent, ce jour là ils renvoient salve sur salve, le choc est terrible chez les indiens, c’est un carnage. Il faut dire que les américains viennent de recevoir des fusils Springfield-Allen à chargement par la culasse. Au lieu de se charger par le canon comme les anciens fusils, ceux-ci se chargent par la culasse et on peut donc tirer à répétition. Après cette défaite les indiens chercheront a se procurer des fusils activement, conscients de leur infériorité en terme de puissance de feu.

Quoiqu’il en soit les attaques incessantes entre les forts réduisent l’utilisation de la Bozeman Trail aux seuls militaires. Puis le train (1868) plus au sud la rend obsolète. Les militaires abandonnent les forts , les indiens les brûlent et signent le traité de Fort Laramie (qui n’aura vécu que deux ans) en 1868 leur accord comme « unceded land » le Powder River Territory. Red Cloud a gagné sa guerre, une première dans l’histoire des EU. C’est un répit de quelques années pour les indiens, jusqu’à ce qu’on trouve de l’or dans les Black Hills.
Buffalo
Ensuite Buffalo toujours dans le Wyoming, on visite un peu la ville et on va boire un verre en terrasse, il fait très chaud 93°F (34°C), ensuite on mange à Bozeman’s Trail Steakhouse, un burger et une salade. Bon mais assez cher (25$).

Devils Tower National Monument

Perdue dans les plaines du Wyoming, Devils Tower est le premier National Monument des États-Unis. D’une hauteur de 386m et le sommet à 1 558 m d’altitude, Devils Tower est en réalité un cône volcanique vieux de plusieurs millions d’années. Très très impressionnant ! Les striures des roches détachées ont donné corps à la légende suivante : Une légende indienne raconte que quelques filles cueillaient des fleurs, lorsqu’elles furent prise en chasse par des ours. Se sentant pris de pitié pour ces filles, un Grand Esprit souleva le sol sous elles. Les ours tombèrent en griffant les parois de longues marques verticales. C’est un des grands lieux sacrés des indiens avec Bear Butte et les Black Hills.

On va voir dans le visitor center une petite exposition expliquant la culture et géologie du lieu. Ensuite on parcours le chemin qui fait le tour de Devils Tower, c’est une très jolie ballade d’1 heure environs d’où on peut au plus près admirer cet endroit mythique.
En partant dans les prairies environnantes on peut admirer pleins de « Prairie Dog », qui font les fous dans les herbes, ils sont adorables, par contre extrêmement rapides et craintifs donc pas facile de s’en approcher et de faire des photos, ils partent immédiatement se cacher dans leurs terriers dès le moindre bruit.

Black Hills
Nous entrons maintenant dans l’état du South Dakota vers les Black Hills et Deadwood.
Les Black Hills sont des montagnes couvertes de pin de couleur sombre, d’où le surnom de «collines noires» ou les indiens hivernaient et allaient chercher les « lodgepole pines » qui leur servaient de pilier pour leurs tipis et pour leurs travois, c’est un territoire sacré des sioux qui ont toujours refusé de les vendre ou d’en céder des parties aux américains. Hélas en 1873 la crise financière qui frappe les USA fait qu’une expédition est montée sous les ordres de GA Custer pour aller chercher de l’or, que la légende disait abondante dans ce secteur. En 1874 c’est chose faite et des lors le gouvernement fait tout pour expulser les sioux de ces terres. Les tentatives de rachat échoueront, il faut dire que le prix proposé était ridicule (qqs millions de $) et pas intéressant pour les sioux qui refusaient de toute façon de céder leur terre sacrée. Pour parvenir a ses fins, le gouvernement déclare les indiens hors réserve hostiles et cela mènera a la campagne de la Rosebud et LBH en 1876. Quoiqu’il en soit, un siècle après ses débuts, cette mine a produit plus de 40 000 000 000 de $, ce qui en fait le filon le plus prolifique de hémisphère nord.
Deadwood
Deadwood a été fondée à cette époque, cette ville est célèbre pour avoir vu la fin de Wild Bill Hicock, scout célèbre ami de Cody et avec une histoire similaire, à la différence que Cody a vécu jusqu’en 1917 et que se renommée a suivi. La ville de Deadwood (classée «lieu historique national»), au début, ce n’était qu’un village de tentes. Mais en 1879, un incendie détruisit le camp des orpailleurs. La ville vit maintenant du tourisme et sert souvent de décor réel aux productions cinématographiques et télévisées.

On trouve tout au long de la Main Street des maisons en brique de style western, des bars, des casinos et des magasins de vêtements de cow-boys à profusion.

Nous y sommes vers 16h et en arrivant à notre hôtel Super 8, on allume la télé pour voir les résultats de la Draft NBA 2009 (R.Beaubois 25e) et quelle n’est pas notre surprise de voir que la télé résonne d’une nouvelle tragique : la mort de M.Jackson ! (Farah Fawcett est morte le jour même un peu plus tôt, mais personne n’en parle ou presque). On vit en direct les premiers instants de ce choc, c’est la stupeur dans le pays, toutes les chaines sont en boucle sur l’info dont CNN qui consacre 100% de son antenne à cette nouvelle, et ce sera comme ça pendant de longs jours, incroyable, ils arrivent toujours a renouveler les informations sans se répéter. Impressionnant!
Après une ballade dans la ville, on mange à Gold Bugget Buffet “all you can eat” : fantastique ! pas loin des buffet de Las Vegas au niveau de la quantité, hyper copieux, bon et pas cher -12.95$ si je me souviens bien.
Commentaires
Aucun commentaire pour “Jour 15 – Buffalo > Devils Tower”